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    Voiture sans permis: pour rouler comme les grands

    En quête de liberté, les adolescents ne jurent plus que par les voitures sans permis. Le phénomène prend de l’ampleur. Décryptage.

    La classe! Arnaud* se rend à l’école en voiture. Il n’est encore qu’au collège mais il a déjà sa propre caisse. Malgré son visage de poupon qui émerge à peine du volant. C’est sa deuxième maison. Il y passe une grande partie de sa vie. Dès qu’il a un moment de libre, il déambule dans les rues de son quartier parisien. Le coude à la portière ; la clope au bec ; la musique à fond. Ses copains le jalousent ; les filles se chamaillent la place passager. Obtenir son deuxième chez soi n’était pas gagné d’avance pour Arnaud. Ce n’est qu’au bout de plusieurs semaines de palabres et devant son insistance lancinante que ses parents ont fini par céder. Comme dans un grand nombre de familles, ils ont finalement préféré le voir protégé par une carrosserie que le savoir sur un scooter, trop dangereux. Ils sont des milliers comme Arnaud à avoir gagné une nouvelle mobilité qui marque à bien des égards le début de la liberté et de l’indépendance. Aux antipodes de l’image de la chicane mobile conduite par un troisième âge sur les routes de campagne. Les mineurs assurent désormais une vente sur deux de voiturette.

    Cette révolution doit beaucoup au changement de réglementation. Depuis le 1er novembre 2014, la conduite de ces véhicules appartenant à la catégorie des quadricycles légers - vitesse bridée à 45 km/h et puissance à 6 kW - est autorisée en France à partir de 14 ans. À condition d’avoir obtenu le précieux sésame, le permis AM (environ 200 euros) qui sanctionne une formation d’une durée minimale de huit heures, sur deux jours. Les marques de voiturettes, pour l’essentiel françaises (Aixam, groupe LigierChatenet), se frottent les mains. Le marché a explosé en l’espace de quelques années, représentant désormais autour de 25 000 unités par an en Europe, dont la moitié en France. L’Italie et la Suède arrivent immédiatement après, grâce à une législation favorable.

    Et la demande continue de s’envoler. «Au premier trimestre 2021, les immatriculations ont progressé en France de plus de 64 % par rapport à 2019, et de plus de 70 % par rapport à 2020 avec 4 926 unités. L’Europe suit aussi le mouvement avec 8 901 véhicules sur la même période de 2021, contre 6 326 unités en 2019», explique Ludovic Dirand, le directeur commercial du groupe Ligier. Si cette croissance a été soutenue, c’est également parce que les constructeurs ont su rajeunir l’image de la voiture sans permis en investissant une communauté d’influenceurs et en renouvelant leurs produits pour les rendre plus attractifs. «Les marques ont copié le design des modèles qui plaisent aux adultes. La Chatenet ressemble à la Mini», explique Stéphanie Lecocq, la directrice de la société Pièce sans permis spécialisée dans la vente de pièces détachées pour ces véhicules. En matière de sécurité et d’équipements, ces minivoitures n’ont aussi rien à envier aux voitures des parents: renforts de portes en aluminium, freins à disques, feux à LED, direction assistée, airbags, jantes en alliage, système multimédia Bluetooth avec écran tactile intégrant la connectivité CarPlay et Android Auto, hi-fi performante, climatisation, sellerie simili cuir. Les Ligier sont même équipées d’un double essuie-glace.

    Ces voiturettes ne s’adressent pas à tout le monde. Leur prix varie de 8 000 à 17 000 euros. «Le marché se répartit équitablement entre trois catégories. La première concerne les jeunes apprentis qui ont un besoin de mobilité pour se rendre au centre de formation. La deuxième concerne les adolescents de familles d’entrepreneurs ou de catégorie CSP+. La troisième regroupe les jeunes adultes de 18 à 30 ans qui n’ont jamais eu le temps de passer le permis de conduire ou qu’ils ne veulent pas le passer. Nos voitures sont une réponse à un besoin de mobilité résultant d’un changement de vie», dit Ludovic Dirand. Les adultes sans permis sont en passe de devenir la clientèle numéro un en termes de volume.

    Des jeunes très prudents

    Du côté de l’offre, ce sont les modèles haut de gamme, à plus de 12 000 euros, qui assurent près de 70 % des ventes. Ces véhicules sont plébiscités par les collégiens et les lycéens de milieu social favorisé. «Cette population est surreprésentée en région parisienne et sur tout l’axe méditerranéen, de Nice à Montpellier, et même jusqu’à Toulouse», assure-t-on chez Ligier. Pour faciliter l’acquisition, comme dans l’automobile, le secteur a mis en place des financements intégrant l’assurance en cas de vol ou de perte avec des remboursements à valeur neuve. Pour une Ligier JS60 affichée à 16 000 €, les mensualités sont de 184 € par mois sur 48 mois mais en intégrant un apport conséquent. Sans apport, la mensualité atteint 300 €. En souscrivant un contrat LOA (location avec option d’achat), la mensualité tombe à 248 € pour un véhicule de 14 599 €. Vu que l’assurance tous risques est de l’ordre de 1 200 € par an, il est préférable de l’intégrer au financement.

    Contrairement à une idée reçue, ces jeunes sont très prudents. Surtout le premier mois. Pour les encourager à conserver de bonnes habitudes de conduite, Ligier est en train de mettre en place une post-formation. «Nous sommes en train de développer, avec l’École de conduite française et Euro-Assurance, un service qui va améliorer la sécurité sur les routes et qui sera pris en charge en quasi-totalité par Ligier et l’assureur. Le jeune devra juste payer un reste à charge de 39 €. Ce stage comprendra un entretien en tête-à-tête de 3 heures avec un moniteur ECF, puis un essai avec le véhicule du jeune qui donnera lieu éventuellement à la correction de quelques comportements. Un débriefing en présence des parents clôturera la formation. Les stagiaires bénéficieront d’une réduction de leur prime d’assurance», explique Ludovic Dirand. Une initiative qui mériterait d’être soutenue car ces jeunes conducteurs roulent beaucoup plus que leurs parents, en moyenne entre 7 500 et 15 000 kilomètres par an. Tous nos remerciements à Vesta Auto à Ivry-sur-Seine pour le prêt des véhicules.* Le prénom a été changé.

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