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Le n°1 de la pièce pour voiture sans permis
Depuis son lancement en 2020, la Citroën Ami s’est imposée comme un véritable phénomène urbain. Accessible dès 14 ans avec un simple permis AM, ce petit quadricycle électrique séduit par son design original, son gabarit compact et son prix plancher de 7 990 €. Elle symbolise une nouvelle forme de mobilité urbaine démocratisée, à bas coût et sans permis classique.
Résultat : le marché des voitures sans permis explose. En 2024, plus de 30 000 modèles neufs ont été immatriculés en France, soit deux fois plus qu’en 2019. L’Hexagone concentre désormais la moitié des ventes européennes, avec une domination nette des marques françaises comme Citroën, Aixam ou Ligier.
Mais ce succès soulève aujourd’hui une question de fond : ces véhicules sont-ils suffisamment sûrs pour circuler sur nos routes ?
Le bilan 2024 de l’ONISR (Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière) fait état de 3 193 décès sur les routes françaises, en légère hausse. Parmi eux, 37 personnes ont perdu la vie à bord de voitures sans permis, dont 34 conducteurs ou passagers.
Un chiffre à première vue modeste… mais qui cache un taux de mortalité supérieur à la moyenne nationale : 1 mort tous les 12 accidents corporels, contre 1 sur 16 en moyenne. Plus préoccupant encore, 68 % des décès liés à ces véhicules ont eu lieu hors agglomération, là où les vitesses sont plus élevées, les chocs plus violents… et les protections nettement insuffisantes.
Une série de crash-tests menée en Allemagne par l’émission Auto Mobil et le centre de tests Dekra a récemment attiré l’attention. À 45 km/h, une Citroën Ami et une Aixam Crossline ont été projetées contre un obstacle simulant un choc partiel avec une autre voiture.
Malgré une apparence de robustesse, les résultats sont sans appel :
L'expert de Dekra résume : « Il est très probable qu’un occupant n’aurait pas survécu à cet accident. »
Contrairement aux voitures classiques, les quadricycles légers comme la Citroën Ami ne sont pas soumis aux mêmes normes de sécurité :
Cette réglementation allégée permet certes de produire des véhicules légers et peu chers, mais au détriment de la sécurité passive.
L’un des paradoxes de ces véhicules réside dans leur apparence automobile rassurante. Bien que techniquement proches d’un scooter, leur habitacle fermé donne aux jeunes conducteurs l’illusion d’une protection équivalente à celle d’une vraie voiture.
Ce sentiment de sécurité peut les conduire à adopter une conduite moins prudente que sur un deux-roues, alors même que la structure du véhicule n’offre pas une meilleure protection en cas de choc. Certaines voiturettes peuvent même se retourner lors de manœuvres d’évitement ou de freinages brusques, comme l’a montré le journaliste Alex Bloch.
Face à la multiplication des accidents, les critiques se multiplient. Début 2025, le député Bruno Clavet (RN) a interpellé le gouvernement sur la dangerosité des voiturettes électriques. Il appelle à une réforme du permis AM, jugé trop léger pour former des conducteurs dès 14 ans.
Aujourd’hui, l’obtention du permis AM se résume à :
Un cadre jugé trop permissif, surtout si l’on considère que ces véhicules partagent la route avec des voitures bien plus rapides et massives.
Malgré une baisse temporaire des ventes début 2025, liée à la fin du bonus écologique et à l’entrée en vigueur de la norme Euro 5+, les perspectives restent solides. Grâce à de nouvelles primes CEE, les voiturettes conservent un avantage financier, surtout pour les profils spécifiques
Avec la popularité croissante de modèles comme l’Ami, la pression monte sur les pouvoirs publics pour réviser un cadre devenu obsolète. Les chiffres de l’ONISR, les rapports de crash-tests et les interpellations politiques pourraient conduire à un durcissement des règles, qu’il s’agisse :
La Citroën Ami incarne une vraie révolution en matière de mobilité accessible, à la croisée du scooter et de la citadine. Mais face à l'enthousiasme du public, il devient crucial de ne pas sacrifier la sécurité sur l’autel de l’accessibilité.
Car si l’Ami permet à une nouvelle génération de se déplacer autrement, elle ne doit pas devenir le symbole d’une sécurité routière à deux vitesses.