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Le n°1 de la pièce pour voiture sans permis
L’Union européenne vient d’adopter une vaste réforme du permis de conduire. Objectif : harmoniser les règles entre les États membres et renforcer la sécurité routière. Mais certaines mesures suscitent déjà de vives réactions, notamment en France.
Désormais, les permis de conduire pour voitures et motos auront une durée de validité maximale de quinze ans dans toute l’Union européenne. Les pays où le permis fait également office de pièce d’identité – comme c’est souvent le cas en France – pourront réduire cette durée à dix ans.
Les conducteurs de plus de 65 ans pourraient, quant à eux, se voir attribuer un permis de durée plus courte.
Autre changement majeur : la mise en place d’un contrôle médical obligatoire avant la délivrance ou le renouvellement du permis. Chaque État membre pourra toutefois choisir la forme de ce contrôle. Il pourra s’agir d’une simple auto-évaluation, et non d’une visite médicale systématique.
Cette souplesse est saluée par la Ligue des Conducteurs, qui militait contre l’obligation d’un examen médical à chaque renouvellement :
« Après deux ans de combat, nous avons obtenu que les pays puissent proposer des mesures alternatives. Mais nous resterons vigilants lors de la transposition de la directive en droit français », indique l’association.
Du côté de l’association 40 millions d’automobilistes, la réaction est plus critique. Elle dénonce une mesure jugée « discriminatoire, coûteuse et inutile » :
« Le permis de conduire est indispensable pour des millions de Français, surtout dans les zones rurales. Est-ce qu’on repasse son bac tous les quinze ans ? Non ! », s’indigne Pierre Chasseray, son délégué général.
Selon lui, le permis de conduire est un droit acquis qui ne devrait être remis en question qu’en cas d’infraction au Code de la route.
La réforme renforce également la coopération entre les États membres. Désormais, un conducteur dont le permis est suspendu ou retiré dans un pays ne pourra plus conduire dans un autre État de l’Union. Jusqu’à présent, près de 40 % des automobilistes sanctionnés à l’étranger échappaient encore aux conséquences dans leur pays d’origine.
L’Union européenne veut aussi accélérer la dématérialisation du permis de conduire. Le format numérique, déjà accessible en France, deviendra le principal format dans toute l’Europe. Les conducteurs qui le souhaitent pourront toutefois demander un document physique.
L’examen du permis de conduire intégrera davantage de sujets liés à la sécurité des usagers vulnérables – piétons, cyclistes, trottinettes – ainsi qu’aux risques d’inattention, notamment l’usage du téléphone au volant.
La réforme instaure une période probatoire de deux ans pour les jeunes conducteurs dans toute l’Europe, assortie de règles plus strictes. Les jeunes de 17 ans pourront continuer à pratiquer la conduite accompagnée, mais ne pourront conduire seuls qu’à partir de 18 ans dans un autre État membre.
La France dispose de trois ans pour adapter sa législation à ces nouvelles règles européennes. Si certains y voient un progrès pour la sécurité routière, d’autres craignent un durcissement inutile pour les automobilistes du quotidien.