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Amsterdam restreint les voitures sans permis : Fausse bonne idée ?

Sur le papier, la promesse était idéale. Face aux centres-villes saturés, la voiture sans permis (VSP) et la micro-mobilité apparaissaient comme des solutions miracles : un véhicule compact, électrique, facile à garer et moins gourmand en espace public.

Sauf qu’à Amsterdam, le rêve commence à tourner à l'encombrement. Face à l'explosion de ces voiturettes, la municipalité a décidé de réagir en instaurant des règles de stationnement beaucoup plus strictes. Une question centrale se pose désormais : ces engins roulants fluidifient-ils la ville, ou viennent-ils simplement rajouter du trafic là où il n'y en avait pas besoin ?

Le cas de la "Birò", star incontournable des canaux

Si en France, la Citroën Ami ou la Fiat Topolino trustent les regards, aux Pays-Bas, c’est un tout autre modèle qui fait fureur : la Birò.

Pour Pieter Vermeer, l’importateur de la marque, l'équation était simple : "La Birò prospère là où l'espace est rare. Si la ville a un problème, un véhicule plus petit en est la solution."

Le problème ? Le succès a été si fulgurant qu’il a dépassé les capacités d'absorption de la capitale néerlandaise. On compte aujourd'hui près de 5 000 voitures sans permis en circulation à Amsterdam. À l'échelle d'une ville aux rues historiquement étroites et déjà partagées entre piétons, tramways et millions de bicyclettes, le point de saturation est atteint.

Le vrai débat : Remplacer la berline… ou le vélo ?

C’est le nœud du problème et ce qui inquiète le plus les urbanistes : l’usage réel de ces véhicules. 1. La voiture en trop : Une grande partie des acheteurs possède un pouvoir d'achat confortable. Pour ces foyers, la micro-voiture ne remplace pas le véhicule familial principal, elle s’y ajoute comme une "deuxième voiture de poche" pour les petits trajets.

2. Le fléau des anciens cyclistes : Pire encore pour le modèle d'Amsterdam, ces quadricycles légers séduisent des habitants qui, auparavant, se déplaçaient... à vélo. Remplacer un mode de transport actif et ultra-léger par un habitacle carrossé, même miniature, représente une perte nette d'espace pour la collectivité.

Fin de la récré : Amsterdam restreint les avantages

Pour calmer le jeu sans pour autant interdire totalement ces véhicules, la mairie d'Amsterdam a décidé d'agir sur deux leviers principaux :

Le stationnement limité : Jusqu'ici très libres, les nouveaux acheteurs ne recevront désormais un permis de stationnement que pour leur propre quartier, et non plus pour l'ensemble de la ville.

L'interdiction des ferries : C'est un coup dur pour les utilisateurs réguliers. Les micro-voitures sont désormais bannies des ferries qui traversent l’IJ, le bras de mer qui sépare le nord et le sud de la ville. Pour traverser, il faudra désormais faire de grands détours par les tunnels ou l’autoroute A10, ce qui casse l'intérêt pratique de l'engin.

Le secteur retient son souffle : une politique encore plus globale et restrictive devrait être annoncée par la mairie à l'automne.

Et pendant ce temps-là, en France ?

Si Amsterdam sature, la situation est bien différente en France. Après un véritable "boom" initial porté par l'offensive électrique de Stellantis (Ami, Topolino), le marché du neuf subit un coup d'arrêt notable. Les immatriculations de voitures sans permis ont enregistré une baisse de 21 % l'an dernier, se stabilisant autour des 25 000 unités.

En conclusion

La voiture sans permis montre ses limites systémiques. Conçue pour optimiser l'espace, elle prouve à Amsterdam que lorsque le "petit" se multiplie trop, il finit lui aussi par créer des embouteillages, surtout lorsqu'il décourage la pratique du vélo.

Reste à savoir si la régulation amstellodamoise parviendra à sauver le concept, et si d'autres grandes métropoles européennes s'inspireront de ce tournant réglementaire.